Quand on a seize ans, qu’on a passé une année scolaire déplorable, qu’on n’a plus un centime d’argent en poche et que les parents ont décidé de passer dix jours dans un camping en
Bretagne, on n’a pas vraiment le choix. Il faut y aller. Le séjour a débuté conforme à mon attente. Des tentes remplies de beaufs, la pluie un jour sur deux, des chemins de croix et des calvaires à
n’en plus finir et pas une fille digne de ce nom à des kilomètres à la ronde.
A l’aube du sixième jour, ma mère a décidé de réagir :
- Arrête de faire la tronche, j’en ai marre de ton traîne-au-lit chaque matin, file à la douche. Tu ne t’es pas lavé depuis quand ?
Quand la grêle commence à tomber, mieux vaut se mettre à l’abri. J’ai pris une serviette propre, un flacon de shampooing et j’ai filé sans demander mon reste. Les trois douches du camping étaient concentrées dans une maisonnette en dur assez vétuste. A gauche, deux portes : un wc pour femmes et un autre pour hommes différenciés par deux ovales émaillés. L’un représentant une silhouette en haut de forme et nantie d’une canne à pommeau ; l’autre avec une silhouette à robe longue et munie d’une ombrelle. Des accessoires complètement inutiles, voire fort encombrant pour qui souhaite être à l’aise en ces lieux d’aisance. A droite, deux urinoirs muraux à l’usage suffisamment explicite pour ne pas nécessiter de panneau sexué. En face, trois portes et autant de douches, à usage mixte.
Les cabines de gauche et de droite étaient inoccupées tandis que celle du centre dégageait un nuage de vapeur parfumée. Par-dessus le bruit de l’eau, un joli brin de voix s’élevait, fredonnant un air inconnu mais joyeux.
Je suis entré à droite. J’ai fermé la porte, disposé mes habits sur un crochet et j’ai ouvert les robinets. Je me suis glissé sous la pluie brûlante, les yeux fermés, la bouche ouverte, buvant et recrachant par petits jets. J’ai pris le shampooing et j’ai commencé à me savonner avec sur tout le corps. J’ai ouvert un œil. Le gazouillis voisin s’était tû. Et pour cause. Pas facile de chantonner quand on colle son œil contre un petit trou creusé dans la cloison. Cet œil était rivé sur moi. J’ai continué à me savonner comme si de rien était, mais dans ma tête les questions fusaient. Etais-je choqué ? Avais-je honte ? Devais-je réagir ? Mon corps a décidé pour moi. Sans même que je le touche, mon sexe s’est gorgé de ce regard pointé sur lui et s’est mis à faire le fier. En moins de trente secondes, il a redressé la tête jusqu’à atteindre des sommets, au meilleur de sa forme. Je ne pouvais décemment pas l’abandonner dans cet état. Ma main s’est plaquée contre lui et l’a empoigné fermement. L’autre main est descendue rejoindre sa soeurette et s’est occupée de mes couilles. Je me suis mis à me masturber en douceur pour que l’œil qui m’espionnait puisse jouir du spectacle. J’avais les yeux fermés, mais ma vision intérieure ne pouvait pas ignorer cet œil inquisiteur. Etrange impression que de faire l’amour avec un regard.
Parfois, j’entrouvrais quand même les yeux, histoire de vérifier que l’œil était toujours à l’écoute du va-et-vient régulier de mon sexe coulissant sans heurt entre mes doigts. Il était là, participant pleinement à mon plaisir solitaire qui, de fait, ne l’était plus tout à fait.
Je n’ai pas accéléré le mouvement comme j’avais l’habitude de le faire, dans le secret de mes draps. Je l’ai juste amplifié, tirant la peau au maximum vers le bas pour faire surgir mon gland gorgé de sang, puis à contrecoup vers le haut tandis que ma main droite se faisait plus pressante, massant les testicules, laissant glisser le majeur le long d’une ligne médiane riche en perspectives.
Je me suis laissé aller ainsi une dizaine de minutes avant de décider d’en finir. Je suis alors passé à la cadence supérieure, me cambrant pour mieux placer mon plaisir en avant. Je m’étais légèrement tourné sur le côté pour faire face à l’œil et lui lancer comme un défi la puissance de mon orgasme et le jet de sève blanche qui en a découlé.
L’œil s’est retiré, laissant à sa place un petit trou sombre percé dans le carrelage blanc. Je me suis rincé, j’ai coupé la douche et je me suis approché du poste d’observation. A quatre pattes, j’ai risqué un œil à mon tour. Il n’y avait plus personne dans la cabine voisine. Sur le mur carrelé d’en face, un doigt avait tracé dans la buée un message éphémère qui coulait déjà à grosses gouttes :
DEMAIN MEME HEURE D’ABORD TOI
Rien qu’à lire ces six mots, une nouvelle érection s’est produite. La promesse était claire et sans équivoque.
Le soir venu, je n’ai pas rejoint la salle commune où les amateurs de films du dimanche soir étaient là une bonne heure à l’avance avant le début du programme, histoire de s’approprier les meilleures places. Moi aussi je voulais être aux premières loges, mais tôt le lendemain matin.
Ma mère m’a jeté un regard interrogateur quand, sans dire un mot, j’ai pris le nécessaire pour me diriger vers les douches. Elle devait s’imaginer que ses cours d’hygiène morale et corporelle portaient enfin leurs fruits, mais c’étaient un tout autre genre de pommes que je comptais cueillir.
En arrivant devant les trois cabines, un soupçon d’inquiétude m’a saisi. Les trois portes étaient closes et je n’entendais pas l’eau couler. J’ai poussé celle du centre qui a résisté. Fermée au verrou. Celle de gauche aussi. Quant à la troisième, elle s’est ouverte docilement sous la pression de ma main.
Dès que je suis entré, la douche s’est mise à fonctionner dans la cabine d’à côté. J’ai posé serviette et shampooing sur le petit tabouret prévu à cet effet, mais je n’ai pas eu la patience de me dévêtir. Le petit trou m’attendait. Il avait été rebouché avec une boulette de papier. Je n’ai pas eu besoin de m’angoisser davantage. La boulette a jailli dans ma cabine, éjectée depuis l’extérieur, comme une porte qui s’ouvre, m’invitant à entrer. Je ne me suis pas fait prier, j’ai collé mon œil dans l’interstice.
Elle était sous la douche, tournée face au mur. Ses cheveux coulaient en cascade sur ses épaules, mettant en valeur un cul ferme sur lequel s’accrochaient des plaques de mousse luisante. Ses mains couraient le long de son corps, se posant régulièrement sur ses fesses comme si elles nécessitaient une attention particulière. Je pense que c’est à ma seule attention qu’elle se pencha légèrement en avant et qu’elle écarta ces deux collines pour m’indiquer la route détrempée dans laquelle je rêvais de m’embourber.
J’étais très mal à l’aise, ainsi accroupi, mon érection trop à l’étroit dans mon jean et comprimée par cette position inconfortable. Je me suis donc relevé pour me déshabiller le plus vite possible et j’ai repris mon poste d’observation. Cette fois-ci à quatre pattes, ne risquant plus de tremper mon pantalon.
Elle s’était tournée face à moi, les jambes écartées, la tête rejetée en arrière, les yeux fermés, ses petits seins pointant dans ma direction. L’eau se frayait un chemin sinueux sur sa poitrine et se concentrait en déluge sur son sexe transformé en torrent. J’avais envie de m’abreuver à cette source inépuisable, de me gorger à ses pieds, la bouche ouverte à l’entrée de sa bouche close.
Ses deux mains se sont plaquées sur ses deux seins et elle s’est cambrée encore un peu plus. Sa main gauche est descendue jusqu’à son sexe qu’elle a délicatement ouvert entre l’index et le majeur. La main droite a alors pris une position centrale, cachant à ma vue cette fleur rose qui venait juste d’éclore. D’un va-et-vient prudent, elle a frotté sa paume puis l’a dégagée vers le haut, laissant seul son index droit continuer le massage.
Elle s’était appuyée contre le mur et ses jambes fléchissaient petit à petit. C’était la première fois que je voyais une femme se masturber et j’étais surpris de constater que le mouvement restât en surface, concentré sur le haut de son sexe que sa main gauche maintenait résolument ouvert. J’étais hypnotisé par ce frottement rapide et violent qui semblait avoir raison de ses forces. Quand j’ai remonté mon regard, j’ai constaté qu’elle avait maintenant les yeux grands ouverts et fixait sans détour mon poste d’observation.
J’avais commencé à me branler moi aussi, mais j’ai préféré tout arrêter pour plaquer mes deux mains contre le mur et me gaver de la vision qui m’était offerte.
Elle s’est redressée et, de l’index qui, quelques secondes auparavant véhiculait son plaisir, elle a tracé sur le mur embué :
VIENS
Suivi de trois points de suspension que la gravité transformait aussitôt en points d’exclamation. Je ne me le suis pas fait dire deux fois. Je me suis relevé, j’ai attrapé mes habits en boule et j’ai passé la tête par la porte pour vérifier que la voie était libre. Elle l’était. La porte de la cabine du milieu n’était plus fermée à clef. Je l’ai poussée, je suis entré et j’ai aussitôt fermé le verrou, laissant tomber mes habits à terre. Je me suis retourné. Si elle avait le moindre doute sur mes intentions, mon sexe dressé à son apogée parlait en ma faveur. Elle n’a pas dit un mot, tendant juste la main pour m’inviter à la rejoindre. Elle m’a savonné de haut en bas, empoignant mon sexe juste ce qu’il fallait, laissant même une main glisser négligemment entre mes fesses, sans s’attarder.
Elle m’a tendu le flacon et a versé un peu de liquide dans ma main. J’ai commencé à la laver, maladroitement. Je ne savais pas si je devais la frotter énergiquement ou si mes mains devaient se faire caresses. Elle m’a guidé, posant sa main sur la mienne, l’accompagnant dans son exploration. Le tour de la propriétaire s’est achevé quand elle m’a d’autorité conduit jusqu’en haut de ses cuisses. Elle a plaqué ma main contre sa vulve et, par petites pressions, elle a commencé à se masturber par mon intermédiaire. Pendant ce temps, de son autre main, elle s’accrochait à ma queue. Elle la tenait fermement, osant par moment un court aller-retour pour assurer sa prise.
Mon index a pris de l’assurance, massant son clitoris gonflé, le contournant, le cajolant, le brusquant, suivant les indications fournies par la pression de sa main. J’ai voulu la pénétrer de mon doigt, aspiré par son vagin parfaitement lubrifié. Elle a tiré ma main en arrière, m’interrompant dans mon initiative.
Je me suis mis à ses pieds, les deux mains posées sur ses fesses et je l’ai attirée à moi. Ma langue tendue a tout de suite trouvé sa place, creusant le sillon entre ses lèvres. Un petit goût astringent m’a titillé les papilles. Un reste de savon vite chassé par mes léchouilles. Je buvais à sa source. L’eau d’en haut et l’eau d’en bas remplissaient ma bouche et s’écoulaient en filet entre mes lèvres. Je suçais son bouton comme un petit bonbon. J’appuyais fortement ma langue dessus, comme pour le faire fondre. Je relâchais la pression, le contournais, me risquais à le mordiller tout doucement. Je me découvrais un savoir-faire qui me régalait. Je n’étais visiblement pas le seul. Elle gémissait, là-haut sous le pommeau de douche. Elle avait posé ses deux mains sur ma tête et me massait le crâne tandis que ma langue jouait en elle.
J’ai senti venir sa jouissance. Elle s’est mise à haleter en poussant des petits cris. Le clitoris s’est rétracté, comme une vague qui recule pour mieux préparer le flux suivant. L’orgasme st arrivé, une contraction violente entraînant toute une série de petits spasmes libérateurs. J’ai voulu continuer avec ma langue, me goinfrer d’un festin qui jamais ne s’arrêterait. Elle m’a tiré la tête en arrière. J’ai levé mon regard vers elle, suppliant, comme un chiot à qui on retire sa gamelle.
Elle m’a souri. Ravie. Repue.
Autant demander à un déshérité si la prochaine super-cagnotte de la loterie ferait son affaire. Je me suis mis debout sans rien dire. Encore une fois, ma queue parlait pour moi. Elle était restée dressée sans faille depuis un bon quart d’heure.
Elle s’est mise à genoux devant moi et je ne me suis pas fait prier. Elle a commencé par me caresser d’une main, puis de l’autre. Elle a ensuite posé ses lèvres sur mon gland. Du bout de la langue, elle chatouillait l’extrémité de mon sexe. Elle a posé ses mains sur mes fesses, les a caressées et, d’un coup brusque elle m’a cambré, engloutissant ma queue jusqu’à la garde.
J’ai lâché un cri sous ce coup de buttoir inattendu, mais elle ne s’est pas arrêtée pour autant. Par dix fois elle a recommencé le manège. Sa tactique est restée la même pendant tout le duel, alternant douceur et frénésie, me laissant languir de sa langue, me faisant tressauter sous ses assauts.
J’étais plaqué dos au mur, les pieds ancrés au sol. J’avais besoin d’un appui pour supporter ses attaques soudaines qui sapaient ma résistance. J’ai cru bon de murmurer :
Au lieu de me libérer, elle m’a absorbé tout entier, stoppant son mouvement coulissant. Seule sa langue bougeait, comprimant ma queue contre son palais, de plus en plus rapidement. A l’instant même où je sentais le sperme prêt à jaillir, elle a coupé net l’arrivée d’eau chaude, déversant sur moi une cascade de glace. Mon corps incandescent a explosé en mille morceaux. L’orgasme m’a brûlé le cerveau. Je n’étais plus qu’une boule de lumière flottant dans le néant.
J’ai rouvert les yeux. Elle était toujours agenouillée à mes pieds et me regardait en souriant, un filet blanc coulant à la commissure des lèvres. Elle s’est relevée, a essuyé sa bouche d’un doigt qu’elle a ensuite léché. Elle a pris sa serviette, s’est essuyée, s’est rhabillée sans me quitter des yeux et elle a ouvert la porte.
Et elle est partie.
J’ai mis longtemps à réaliser que je grelottais sous l’eau froide, secoué de frissons autant provoqués par le froid que par le plaisir. J’ai fini par réagir. J’ai coupé l’eau, je me suis séché à mon tour et j’ai remis mes habits. Quand je suis arrivé dehors, il pleuvait. Une belle pluie d’été breton. Je suis resté là, immobile sous le déluge, les yeux fermés.
Ma mère se tenait devant moi, m’observant avec un regard où alternaient l’inquiétude et le désespoir propre aux parents d’adolescents.
Le lendemain matin, la douche fut triste. Une main anonyme avait rebouché le trou avec du ciment et je n’ai pas osé frapper à la porte de la cabine voisine. Je ne l’ai jamais revue.
Depuis ce temps, chaque goutte qui m’effleure provoque chez moi une érection épidermique. Mes parents ne comprendront jamais pourquoi j’adore désormais me balader, tête nue sous la pluie. Je ferme les yeux. La douche du ciel coure sur mon corps et les images reviennent à flot. Je bande.
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