Vendredi 28 novembre 2008
- Bonjour Madame la
marchande de fleurs. Je viens jardiner sur tes plates-bandes et brouter ton gazon.
- Bonjour, Monsieur. Je peux vous aider ?
- Oui, merci, j’ai le pistil gorgé et je voudrais te secouer les étamines, répandre mon pollen dans ta corolle, lécher le suc qui sourd de ton bouton.
- Si vous voulez, ce matin, je peux vous proposer ces superbes jonquilles, toute fraîches cueillies.
- Ma tige se redresse à ces mots, gonflée de ton humidité. Je sens la sève qui ne demande qu’à jaillir pour déposer ses perles de rosée blanche entre tes pétales épanouis.
- Si vous préférez, j’ai aussi ces magnifiques lys et j’ai aussi une promotion sur les compositions. Toutefois, cher Monsieur, je vous demanderais une petite demi-heure, le temps de les
préparer.
- Non merci, je veux te cueillir là, tout de suite, debout. Remplir ton vase de mon pédoncule. Plonger ma racine dans ta source. Je veux te défeuiller, te conter fleurette, faire germer en toi la
graine de la passion.
- Je vois que vous hésitez. Laissez-moi faire. En deux minutes, je vous arrange un joli bouquet.
- Ouvre-moi ton calice. Je vais papillonner sur tes lèvres roses, faire éclore ton bourgeon et je vais te butiner dans le champ de blé de ta toison ardente, te moissonner à foison.
- Je suis sûre qu’elle sera ravie de ce choix.
- Je ne peux retenir le flux de mon désir. Ma vague va te submerger. Péchons ensemble et tu frétilleras dans mes filets.
- Comment ? "Pêchons ensemble" ? Vous n’y pensez pas ! Vous êtes d’une grossièreté incroyable ! La poissonnière, c’est le magasin à côté… Et je ne vous souhaite pas le bonjour !
Commentaires