Lundi 1 décembre 2008
Collectionner les amants devient lassant au bout d’un certain temps. Les visages fondent et se mélangent, les prénoms se confondent, je ne suis pas un ange. Il ne reste rien de bien solide de tous ces exploits liquides.
Il y a quatre ans, j’ai donc décidé de changer mon point de vue de collectionneuse. Le déclic s’est produit en tombant sur une publicité, à l’occasion d’un voyage sans détour sur un site porno. En fait, un site « érotique », mais il faut bien appeler un chat, un chat et une chatte, une chatte.
La publicité en question était on ne peut plus explicite et la marque commerciale, très parlante : « Clone-Bit », le « véritable kit complet pour réaliser un godemiché à partir d'un vrai pénis ».
Difficile de ne pas se laisser séduire : « Une grande nouveauté ! Ce kit contient tout ce dont vous avez besoin pour réussir à coup sûr une copie grandeur nature de votre pénis. » Dans mon cas, et en absence flagrante d’excroissance naturelle mâle, je pensais plutôt au pénis de mes partenaires. Qu’importe, je continue ma lecture : « Se basant sur les dernières techniques d'effets spéciaux hollywoodiens, un pénis d'un réalisme incroyable en matière hypoallergénique (sans latex) sera réalisé en quelques minutes, à condition de suivre scrupuleusement le mode d'emploi fourni, lequel vous guidera dans ce processus étape par étape. »
J’ai testé mon achat sur le premier amant de passage venu. Il avait une tête de bovin, mais dans la boîte de nuit où je l’ai dragué, j’avais surtout remarqué la bosse extensible (très extensible) qui me semblait en faire un cobaye de choix. Je l’ai emmené chez moi et, dès la porte franchie, je lui ai dit : « Fais-moi voir ça » Il ne s’est pas dégonflé et a baissé son pantalon. Il était là, devant moi, au garde-à-vous. Ce n’était pas finalement une bête de concours, mais un simple honnête spécimen.
Il a été quelque peu surpris quand je lui ai dit : « Je veux ta bite ». Après un laps de temps assez long, il a lâché : « Ben, prends-la. » « Bouge pas, je reviens ». J’avais étalé à l’avance dans le salon tout le matériel nécessaire, j’avais longtemps révisé le mode d’emploi, je me sentais prête à accomplir mon œuvre. J’ai bien vu qu’il était quelque peu déçu quand je suis revenue avec mes instruments à moi. Le sien n’avait pas bougé d’un poil. Toujours aussi droit, pointé vers le plafond. Il pensait sans doute que j’allais apparaître en petite tenue affriolante. Mon tablier de cuisine (« Attention aux taches » était-il précisé dans le mode d’emploi) n’entrait pas dans cette catégorie de panoplie.
Je lui ai expliqué ce que j’allais faire. Il n’a pas bronché, rien répondu. A peine a-t-il opiné du chef avant que je le prenne en main. « Bouge pas, tu dois surtout continuer à bander pendant 6 minutes, le temps que ça prenne. » « T’inquiète pas ».
C’est long six minutes face à un bovin qui bande. « Tu tiens le coup ? » J’étais quelque peu inquiète pour mon investissement. Ce n’est pas donné ces moulages et en plus, je comptais commencer par un XXL et je me retrouve avec un échantillon, certes vaillant, mais tout ce qu’il y a d’ordinaire. « T’inquiète pas ». J’insiste : « Tu veux que je fasse quelque chose pour te stimuler ? » « T’inquiète pas ».
Finalement, je n’avais aucune raison d’être inquiète. J’ai même triché en laissant en place le moulage jusqu’à neuf minutes pour être certaine de sa bonne tenue.
Je ne me souviens pas de son nom, je ne sais même pas si je lui ai demandé comment il s’appelait. Dans ma collection, je l’ai baptisé simplement « Clone-Bit 1 ». En revanche, je me souviens parfaitement comment il m’a ensuite baisée. Impossible de le faire débander. Il m’a tenue en haleine toute la nuit. Je l’ai chevauché, il m’a prise par devant, par derrière, sur le côté, debout, assise, couchée. Si bien qu’à la fin, au petit matin, j’ai fini par lui demander : « Tu veux que je te fasse jouir ? » « T’inquiète pas, je ne jouis pas, je fais jouir. » Pas cette fois en tout cas, je n’ai pas réussi à faire monter l’orgasme. J’étais tellement préoccupée de savoir ce qu’allait donner le moulage que je n’arrivais pas à me concentrer, ou plutôt me déconcentrer sur le pylône inflexible que j’avais à ma disposition. Je l’ai donc remercié pour son érection et, quand j’ai refermé la porte sur lui, je crois qu’il bandait encore. Bien plus tard, quand je me suis réveillée, je suis allée voir le résultat. La Bérézina. Le pénis moulé était tout flasque, tout mou, comme une grosse nouille trop cuite. Je n’avais pas dû respecter les proportions dans le mélange. Je l’ai gardé quand même, en souvenir de cette nuit où l’infaillible bovin avait si infailliblement rempli son devoir.
- Publié dans : Récits illustrés
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Commentaires

Trop top ce truc. Si je le trouve, je pourrai laisser un bout de moi à Madame en partant travailler !
Quel présomptueux je suis, elle a de plus beaux jouets GRRRR !
TSM
commentaire n° :1 posté par : TSM le: 12/04/2009 à 06h49

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