Mardi 2 décembre 2008
Caroline était une collègue effacée qui passait sa journée assise à son bureau, sans adresser la parole à personne. C’est à peine si elle levait le nez de l’écran de son ordinateur. Tirée à quatre épingles, je ne saurais dire si elle était belle. Fade, assurément, mais d’une fadeur surfaite, sans doute savamment élaborée.
Franck, qui était assis en face de moi, en était pour ses frais dans son rôle de dom juan bureaucrate. Il n’avait jamais réussi à coincer Caroline dans la petite pièce de la photocopieuse. Elle n’avait jamais donné suite à ses éternelles avances d’après-boulot. Alors, il se vengeait dans des remarques sanglantes et machistes, chaque fois que Caroline se levait, prenait son sac et se dirigeait vers les toilettes pour dames, au bout du couloir.
- « non seulement elle est imbaisable, mais en plus elle a toujours ses règles. »
Je soupçonnais plutôt Caroline de n’avoir aucune confiance en Franck et de préférer ne pas abandonner son sac à la curiosité d’un mâle attentionné à chacune de ses absences ponctuelles. Car Caroline était la ponctualité même. Pipi un quart d’heure après son arrivée au bureau. Pipi dix minutes avant la pause repas. Pipi en revenant de la cantine. Pipi cinq minutes avant la fin du service. Une vraie horloge urinaire. A chaque fois, Caroline emportait son sac avec elle.
Un jour, Franck est parti en stage pour une semaine et je me suis retrouvé seul avec Caroline dans le bureau. Elle a continué son petit manège. Elle ne devait pas avoir confiance en moi non plus.
Un matin, aussitôt après son arrivée, Caroline a été convoquée dans le bureau du directeur des relations humaines. Le sac à main est resté orphelin, posé bien en évidence à côté du clavier de l’ordinateur. Je n’ai pas pu résister à la tentation. Une fois seul, je me suis levé et je me suis approché du bureau de Caroline. Je n’étais pas fier, mais c’était plus fort que moi. J’ai ouvert la fermeture éclair, écarté les deux bords et plongé mon regard à l’intérieur du sac à main. Un porte-monnaie, un carnet en cuir bleu, un feutre noir, une pochette de mouchoirs en papier, une autre de lingettes (hypoallergéniques) mais pas la moindre boîte de tampons ou de serviettes hygiéniques. En revanche, au milieu de ce nécessaire anodin, était blotti un étrange objet que je ne connaissais pas. Deux petites boules argentées, reliées entre elles par une fine cordelette. Je m’en suis emparé pour mieux l’observer.
- « François ? »
Un jet d’adrénaline m’a traversé la colonne vertébrale et s’est réparti dans les moindres recoins de mon corps, m’électrisant de la racine des cheveux aux gros orteils, en passant par les oreilles que je sentais cuire.
Je me suis retourné pour me retrouver face à une Caroline sévère, les poings sur les hanches, les lèvres pincées, le regard furieux.
Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, l’adrénaline n’est pas réputée pour cet effet secondaire-là, mais je me suis mis à bander. Une réaction très rapide et aussi très visible. Impossible de dissimuler mon érection sous mon jean trop serré.
Je me suis rendu compte que j’avais toujours entre les mains les deux boules piochées dans son sac. J’ai balbutié :
- « Heu… C’est quoi ça ? »
Caroline a regardé mon butin puis son regard est descendu juste en dessous de ma ceinture. Après s’y être arrêté un laps de secondes qui m’a paru interminable, elle m’a fixé dans les yeux.
- « Franchement, tu ne sais pas ? »
- « Heu… non, désolé. »
Je devais vraiment avoir l’air désolé. D’autant plus que mon érection avait atteint son apogée alors que dans de pareilles circonstances j’aurais dû me retrouver rempli de honte, la queue entre les jambes, mais pas de cette façon. Je voyais bien qu’elle réfléchissait et qu’elle était elle-même en proie à un dilemme.
- « Viens, je vais te montrer. »
Caroline s’est retourné, a franchi la porte et s’est engagée dans le couloir jusqu’à la porte de la pièce de la photocopieuse.
Je l’ai suivie.
Elle m’a laissé entrer et a refermé la porte derrière moi. D’une main, elle a effleuré la bosse qui menaçait de faire exploser ma braguette puis elle a tourné la paume de sa main vers le haut, comme une mendiante réclament sa pièce.
- « Donne-les moi »
J’ai déposé les boules dans le creux de sa main.
- « Regarde. »
Oh oui, j’ai regardé…
Caroline a dégrafé sa jupe stricte et l’a laissée tomber à terre puis, toujours comme si je n’étais pas là, elle a enlevé sa petite culotte en coton blanc et me l’a tendue.
- « Garde moi ça. »
Caroline s’est assise sur la chaise en bois à côté de la photocopieuse, toujours face à moi. Elle a écarté les jambes. Son sexe entièrement épilé luisait d’envie. Elle a commencé à s’introduire une des deux boules dans le vagin. Plop ! La bille d’argent a disparu, aspirée entre ses lèvres. La deuxième a suivi le même chemin, ne laissant dépasser de l’ensemble qu’un petit fil de soie pour retrouver la sortie.
Caroline s’est remise debout et m’a tendu la main pour que je lui rende sa culotte. Elle s’est rhabillée, défroissant sa jupe d’un revers de main pour l’ajuster parfaitement juste en dessous du genou.
- Voilà, c’est fait. Ce sont des boules de geisha. Dans chaque boule, il y a une petite bille d’acier qui, à chaque mouvement heurte la paroi et fait résonner le périnée. Je jouis toute la journée… »
Je restais là, la bouche béante, incapable de réagir au spectacle qui venait de m’être offert. Je bandais toujours, encore plus que tout à l’heure si cela était possible.
- « Tu m’as violée dans mon intimité. Tu mérites une punition, ou une récompense, on verra bien. Vas me chercher mon sac. »
J’y suis allé comme un automate, ne sachant pas à quoi m’attendre. J’étais persuadé que si je commençais à réfléchir, le charme allait se rompre définitivement. Je suis revenu avec son sac et je le lui ai donné.
- « Tourne-toi. »
Je me suis tourné contre la photocopieuse. Caroline s’est approché de moi jusqu’à se coller contre moi. Je sentais la pointe de ses seins dans mon dos et, pour ne pas basculer en avant, je me suis appuyé sur la photocopieuse, les deux mains à plat. Caroline m’a entouré de ses deux bras et les as rejoints à la hauteur de ma boucle de ceinture. D’un geste, elle a l’a rendu inopérante puis elle s’est attaqué au bouton du jean qui n’a pas résisté, pas plus que la fermeture éclair de ma braguette. Le pantalon a glissé tout seul par terre. Caroline a plongé sa main droite dans mon caleçon tandis que sa main gauche poursuivait son chemin jusqu’à mes couilles qu’elle a enserré fermement. Le temps de m’ôter le caleçon et elle a repris son manège, branlant, massant, branlant, massant. De sa main gauche elle a ensuite recueilli le maximum de lubrifiant naturel qui suintait de mon gland. Sans prévenir, elle a arrêté son branle-bas de combat et s’est attaqué à mes positions arrière. M’écartant les fesses d’une main, elle s’est mise à me masser l’anus avec les doigts de sa main gauche.
- « A mon tour de violer ton intimité. »
Caroline a ramassé son sac posé à mes pieds et l’a ouvert pour prendre, tout au fond, un autre modèle de boules de geisha qui avait échappé à ma fouille succincte.
- « Celles-là seront parfaites pour toi, ne bouge pas. »
Elle a pris le petit chapelet composé de cinq billes noires reliées par une ficelle en cuir sombre. J’ai sursauté quand la première bille s’est glissée en moi. Pour la seconde aussi. Je serrais les fesses.
- « Détends-toi, laisse le plaisir entrer. »
Je me suis relâché et j’ai laissé Caroline agir. Quand le chapelet a été en place, elle a recommencé à me branler. A chaque fois qu’elle changeait de rythme, Caroline tirait sur la ficelle pour faire jaillir une bille de sa prison. A la quatrième, elle a tiré d’un coup sec pour libérer le tout et j’ai joui au même moment, comme jamais je n’avais encore joui. Je me suis effondré par terre, vidé, épuisé, encore tout tremblant de la décharge qui venait de me terrasser.
Quand j’ai rouvert les yeux, j’étais seul dans la pièce. Je me suis rhabillé et je suis retourné à mon bureau. Caroline était déjà devant son ordinateur, pianotant comme si absolument rien ne s’était produit. Elle ne m’a pas regardé et la journée s’est terminée, semblable à toute autre. Caroline a poursuivi ses aller retours habituels aux toilettes, mais sans m’adresser la moindre parole.
Trois jours plus tard, Franck est revenu. Il était d’une humeur massacrante, son stage s’était très mal passé et visiblement son tableau de chasse frisait la déroute. Il s’est adressé à moi :
- « Font chier tous ces cons, tu ne trouves pas, toi ? »
Je lui ai répondu :
- « Oh si, j’ai les boules. »
Caroline m’a alors fixé dans les yeux et m’a lancé :
- « Moi aussi. »
Et nous sommes partis tous deux dans un fou rire impossible à arrêter, pour la plus grande fureur de Franck.


- Publié dans : Récits illustrés
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Un récit comme je les apprécie qui joue constamment avec les marges du réel et de l'imaginaire de l'invraisemblable et du probable... Encore!... Encore!...
commentaire n° :1 posté par : françois-fabien le: 03/01/2009 à 18h33
Sublime ! Je trouve ce texte sublime alors je ne peux résister à l'envie de vous dire MERCI.

TSM
commentaire n° :2 posté par : TSM le: 12/04/2009 à 06h45

Créer un blog sexy sur erog.fr - Contact - C.G.U. - Signaler un abus

: les blogs pour adultes d'